Village de Maules

Maules, en patois Mâlè, est un toponyme qui vient du latin molas, meules de moulin, parce que, jadis, un éperon rocheux fournissait des grosses pierres propres à la mouture du blé. En 955 déjà, le lieu s’appelle Molas superiores, devenu Molis en 1145 et Moles en 1179.

Maules appartint d’abord aux seigneurs du même nom. Un château était situé sur les hauteurs du village. Au début du 13e siècle, la seigneurie passa à Guy de Montagny, puis à Antoine de la Tour, seigneur d’Illens. En 1387, Jacques Champion, châtelain de Vaulruz, l’acheta pour 1500 florins environ, mais ses descendants vendirent le tout à Fribourg en 1538 pour le prix de 5000 écus.

En 1699, Maules et les territoires voisins furent victimes d’un fléau naturel, probablement d’une invasion de vermine qui dévorait tout. Pour conjurer ce malheur, il fut décrété que la St-Garin, la St-Théodule, la St-Magnus et la Ste-Brigitte seraient jours fériés.

Le village fit partie du baillage de Vaulruz jusqu’en 1798, puis du district de Bulle jusqu’en 1848, enfin du district de la Gruyère.

De nos jours, s’il n’y a de traces de château que sur les armoiries de l’ancienne commune de Maules, ce passé historique vaut néanmoins aux habitants le sobriquet de «petits seigneurs» ou «chignoré» en patois.

Le terrain pour la construction de la chapelle de Maules, sise au cœur du village, fut cédé en 1666. Ce sanctuaire dédié à St-Joseph et à la Sainte Famille, fut béni en 1670 par le curé Fragnière de Sâles.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la commune de Maules exploita les grandes tourbières situées sur le haut du village. Ce terrain, d’une superficie de 66 poses, était devenu totalement inculte. Il fut vendu à l’armée.

La population des villages de Maules, Romanens, Rueyres-Treyfayes et Sâles était de 1220 habitants en 1880, de 1286 âmes en 1920 et de 1242 en 1950. Elle est tombée à 930 à la fin de 1978. Elle est aujourd'hui de 1430 habitants.